PHOTODANSES – Danser la photographie
1,2,et 3e épisode de 1870-1920
CRÉATION 2026 EN COURS
KARINE SAPORTA
PRIX : 15€ – Moins de 15 ans : 7,50€
VENDREDI 21 AOÛT 20H30
SAMEDI 22 AOÛT 20H30
DIMANCHE 23 AOÛT 16H

LA PHOTOGRAPHIE ENTRE EN FUSION AVEC LA DANSE
Ce spectacle s’inscrit dans le droit fil de la commande qui avait été passée par le Festival de Cannes en l’honneur du centenaire du cinéma à Karine Saporta. Il aura vocation d’être présenté sur une longue série de représentations à Paris, après une avant-première dans le cadre de Paris Photo. Il devrait faire l’ouverture de prestigieux festivals de photographie avant de partir en tournée.
« PHOTODANSES – Danser la photographie » convoquera les images qui, à travers ces deux siècles d’existence de la photographie, proposent une représentation du corps frappante et révélatrice d’une époque. Le spectacle s’efforcera de rendre hommage aussi bien à des photographies classiques mythiques qu’à des images contemporaines ou inédites.
LA THÉMATIQUE : LE CORPS DANS LA PHOTOGRAPHIE
Dès le début de l’Histoire de la photographie au 19ème siècle, le corps est pris comme objet artistique mais aussi comme objet d’étude. L’on pense à Edward Muybridge et son « Animal locomotion » en 1887 : séries photographiques décomposant le mouvement du corps humain. Ou à Nadar avec ses « Portraits » des années 1850 à 1870 : corps et visages éclairés avec une intensité nouvelle, très éloignée de l’idéalisation picturale, où la posture et la présence physique jouent un rôle essentiel. Cette démarche traverse le vingtième siècle et se poursuit jusqu’à la période actuelle. Elle rend compte de manière spectaculaire de l’évolution du statut du corps dans l’évolution des mœurs et des sociétés à travers le monde. Les avant-gardes modernistes des trente premières années du vingtième siècle, à travers des photographes comme Edward Weston (« Nude » 1920-1930) ou Man Ray (« Violon d’Ingres » 1924) proposent une vision du corps en pleine transformation : objet surréaliste, fragmenté, sculptural, abstrait… Alors qu’après la seconde guerre mondiale, il en va tout autrement.
Les clichés d’Henri Cartier Bresson ou encore de Robert Frank donnent à contempler l’image d’un corps en prise avec le réel et comme saisi dans l’instant : vulnérable… « politique ». D’un corps comme élément du rythme urbain ou encore ordinaire, fatigué, marginalisé en rupture avec l’image idéalisée de l’Amérique pour Robert Frank. Dans les années 1970-1980, le corps est pris comme marqueur paradoxal à la fois de l’identité et de la transgression. Les images d’une Diane Arbus ou d’une Francesca Woodman mettent à mal le regard social. Chez cette dernière, le corps est montré dans toute sa fragilité… alors que chez la première il est photographié hors-normes, regard frontal…
Provocateurs dans le registre inverse, les nus transgressifs d’Helmut Newton ébranlent tous les critères de la représentation du corps dans la photographie de mode. C’est au cours du dernier quart du 20ème siècle qu’apparaît une conscience du corps comme construction culturelle, lieu du questionnement du genre et des stéréotypes. La photographie rend compte de cette évolution. Cindy Sherman l’illustre avec ses « Film stills » 1977-1980 et Nan Goldin avec « The ballad of sexual dependancy » 1986 où les corps aimants et blessés s’exposent dans leur intimité. Les images d’Andres Serrano dans les années 1990 renvoient à un profond questionnement sur la représentation du corps. La série « The morgue » en particulier où les corps morts sont photographiés avec une frontalité choquante.
Aujourd’hui la photographie contemporaine du 21ème siècle confère une place centrale, dans ses propos sur le corps, à la diversité et la réappropriation. Pour exemple, « Faces and Phases » de Zanele Muholi où les corps noirs et LGBT se posent comme affirmation politique. Autre fait marquant : l’on assiste également depuis le tournant de ce siècle à un changement d’échelle dans la représentation du corps : celui-ci se trouvant agrandi et visible dans l’espace public à travers des projets photographiques monumentaux.


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